L’esclavage

Condition et vie quotidienne de l’esclave

Condition et vie quotidienne de l’esclave
Auteur
Alexis MIRANVILLE

Historien


La vie quotidienne des esclaves sur la propriété Desbassayns
À La Réunion, il est peu de lieux, autres que Villèle, qui rassemblent sur un si petit espace autant d’édifices et de vestiges, témoins du passé esclavagiste de l’île : maison de maître, usine sucrière, hôpital dédié aux esclaves, chapelle où beaucoup ont été mariés, etc.

Le passage de l’ère du café à celle du sucre a entraîné de grands changements dans le paysage et l’économie de l’habitation de Madame Desbassayns et aussi dans la vie quotidienne de ses esclaves.

Leur cadre de vie
L’habitation et ses activités économiques

À la fois lieu de résidence et exploitation agricole, l’habitation Panon Desbassayns forme une petite société qui cultive ses vivres, élève ses animaux, produit des denrées pour l’exportation. Dans le récit des visites qu’il y a faites, au milieu des années 1840, l’abbé Macquet la dépeint comme une principauté ayant à sa tête un chef et plusieurs ministres.

Constitution et configuration spatiale du domaine de Saint-Gilles

À l’origine du domaine, en 1698 un premier terrain est concédé à Thérèse Mollet, veuve Duhal, grand-mère maternelle d’Henri Paulin Panon Desbassayns, « au haut de Saint-Gilles », entre les ravines Saint-Gilles et L’Ermitage. Cette concession a environ une demi-lieue de long sur un quart de lieue de large.

Les nombreux litiges que Thérèse Mollet a eus avec ses voisins sont évoqués dans l’acte de ratification signé en sa faveur en 1727 et qui fixe de façon un peu plus précise les limites et les dimensions de sa propriété : 3 262 m de long sur 856 m de large. Elle n’a cependant pas la forme d’un rectangle et se situe entre 250 m et 500 m d’altitude, au-dessus et à la limite de la savane où, le 20 décembre 1731, un arrêté du Conseil Supérieur de l’île Bourbon annule et interdit toute annexion ou acquisition de terres. Ce texte stipule que la savane doit rester commune à tous les propriétaires des parcelles qui la jouxtent pour y parquer leurs bestiaux.

C’est sur cette concession que l’on bâtira plus tard la maison de maître, l’usine, la chapelle et les premières cases du camp des esclaves, premier noyau à partir et autour duquel se constituera le domaine des Panon Desbassayns.
La Veuve Duhal, décédée en 1753, laisse une moitié de son bien à chacune de ses deux filles. La première, veuve d’André Rault, ayant eu six enfants, subdivise sa part en autant de lots. Quant à Augustin Panon (1694-1772), l’époux de la deuxième fille Duhal, il n’a à partager son terrain qu’entre deux de ses fils : François Joseph Panon du Hazier et Henri Paulin Panon Desbassayns. Ce dernier est ainsi surnommé parce qu’il doit hériter d’un terrain se trouvant aux Trois-Bassins.

Comme la plupart de ceux qui obtiennent une terre dans les Hauts de Saint-Gilles, la veuve Duhal n’habite pas cet endroit qu’elle consacre à la culture. Selon le poète et agronome Auguste de Villèle (1858-1943), arrière-petit-fils de Madame Desbassayns, Augustin Panon est le premier à s’y fixer, dans une maison en bois. À partir de 1780, son fils, Henri Paulin Panon Desbassayns, rachète les parts des enfants de son frère Panon du Hazier puis quelques lots appartenant aux héritiers d’André Rault. À la date de sa mort, en 1800, il a ainsi plus que doublé la surface reçue en héritage.

Devenue veuve, Hombeline Gonneau Montbrun, désormais plus connue sous le nom de Madame Desbassayns, poursuit l’agrandissement du domaine. En 1846, quand elle meurt, celui-ci a une contenance de 378 ha. La superficie cultivable est alors d’environ 300 ha et les 500 ha de savane n’y sont pas encore rattachés.

Outre cette habitation de Saint-Gilles, Madame Desbassayns en possède une autre, distante à vol d’oiseau d’environ 3 km. Située à 500 m d’altitude à sa base, entre les ravines Divon et Bernica, elle lui vient de son père, Julien Gonneau Montbrun, décédé en 1801.

Les activités économiques sur l’habitation de Saint-Gilles

Maison spéciale de cafés. 2e moitié 19e siècle.
Musée historique de Villèle

Au XVIIIe siècle, Saint-Gilles a connu une période d’intense activité caféière. La maison d’habitation, achevée en 1788, comporte une toiture en terrasse où l’on finit le séchage de la récolte.D’après Auguste de Villèle, la culture du coton dont Henri Paulin avait rapporté des semences de l’Inde « rivalisait avec celle du café et des (plantes) vivrières ». Cependant, cette production n’apparaît plus dans les statistiques en 1823. Déjà, en 1815, elle ne couvre plus que 7 ha contre 27 pour le café et 250 pour le maïs.

Le voyageur Auguste Billiard qui, en 1817, habite une maison voisine de celle de Madame Desbassayns, évoque dans son livre la destruction d’une grande partie des caféteries de l’île, provoquée par les cyclones et les sécheresses de 1806. Il explique l’abandon de cette culture par le fait que de nombreux colons se trouvent dans l’impossibilité d’attendre les quatre à sept années nécessaires à la croissance des jeunes plants. Quant au lieutenant Frappaz, il attribue son déclin moins à ces accidents climatiques exceptionnels qu’à une diminution régulière des pluies que, depuis plusieurs années, on voit « fuir le long des hauteurs boisées qui bordent (la) belle plantation ».

C’est probablement pour cette raison que l’habitation du Bernica, qui bénéficie d’une altitude relativement plus fraîche et plus humide, a été préférée à celle de Saint-Gilles pour la première expérimentation de la culture de la canne et l’implantation d’une usine sucrière.

Cependant, c’est le domaine de Saint-Gilles qui sera l’objet de tous les soins de Madame Desbassayns. Elle en confie l’administration à son fils Charles par une convention signée en 1822. L’un des principaux atouts de cette habitation réside dans la proximité du littoral où Madame Desbassayns établit des entrepôts. En 1829 elle les relie à son usine par une route directe dont le tracé correspond à celui du chemin Carrosse.

Cette propriété n’est pourtant pas entièrement vouée à une monoculture d’exportation. Déjà, en1805, bien avant les ravages causés aux caféiers par les catastrophes climatiques de 1806-1807, les vivres (maïs, blé, riz, légumes, pommes de terre) couvrent 85% des surfaces cultivées, contre seulement 15% pour le café.

En 1846, à l’époque prospère de la canne, celle-ci couvre un peu plus de 34% des terres agricoles contre environ 61% pour les plantes vivrières. Le maïs, à lui seul, occupe la première place avec 118 ha, ce qui représente près de 50% des emblavures, loin devant les cultures légumières diverses (8,3%) et le manioc (4,5%). Ce dernier ne s’est donc pas substitué au maïs pour l’alimentation des esclaves et des animaux, en dépit des recommandations de Joseph Desbassayns et des directives de son frère Charles.
Le développement de la canne apparaît donc comme tributaire d’une main d’œuvre abondante dont l’alimentation exige que l’on consacre une part importante des terres aux vivres. À ce propos, il convient de citer le témoignage de l’un des petits-fils de Madame Desbassayns selon lequel celle-ci avait, par rapport à son fils Charles, des conceptions différentes, voire divergentes, sur l’économie du domaine. Elle était persuadée que la canne à sucre épuisait le sol et, forçant les planteurs à s’endetter, allait inévitablement causer leur ruine. En préconisant le maintien d’une importante production vivrière, elle voulait assurer et garantir la nourriture de ses nombreux esclaves et permettre l’autosuffisance alimentaire du domaine.

Leurs conditions de travail
Un encadrement strict et une surveillance constante

L’encadrement des esclaves est assuré par un régisseur chargé de veiller à l’exécution de leurs tâches quotidiennes, définies par ses employeurs, et d’appliquer les méthodes de ces derniers. Il a sous ses ordres un bataillon de gardiens et de commandeurs. À l’intention des régisseurs, et afin d’obtenir une meilleure productivité de la main-d’œuvre servile, Charles Desbassayns a rédigé des Notes qui se présentent sous la forme d’un catalogue d’observations et de consignes concernant chacun des gardiens, commandeurs ou chefs de troupes, nommément désignés.

Les commandeurs et les gardiens : des chefs qui restent des esclaves

Commandeur. Dumas, Jean-Baptiste Louis. 1849.
Archives Départementales de La Réunion

Les chefs d’équipes appelés commandeurs occupent le rang le plus élevé auquel peuvent accéder les esclaves. Leur fonction consiste à commander une bande affectée à une activité ou à un lieu bien déterminé, aux champs, à l’usine, à la maison principale de l’habitation, dans le jardin, pour couper du bois dans la forêt ou encore pour ramasser du corail sur le littoral.

Les responsables du poulailler, de la purgerie de l’usine et des équipes de charpentiers ou d’ouvriers sucriers ont le titre de chefs. On choisit les commandeurs en fonction de leur capacité à se faire craindre, mais aussi parmi les hommes et les femmes les plus compétents dans le domaine professionnel et qui possèdent bien d’autres qualités, adresse et intelligence notamment. On exige de leur part une totale soumission. Charles Desbassayns est pourtant forcé de constater que ses instructions ne sont pas toujours suivies à la lettre et note même parfois une certaine complicité de ses chefs avec les contrevenants. Il demande donc au régisseur de multiplier les contrôles inopinés, de changer fréquemment les gardiens de postes, et même, au besoin, de les rétrograder.

Comme les commandeurs, les gardiens sont choisis parmi ceux en qui le maître peut avoir une certaine confiance. Dans le Testament de Madame Desbassayns, rédigé en 1845, on en recense 23 dont une dizaine de plus de 60 ans. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce n’est pas une fonction de tout repos car il faut, chaque soir, rendre compte au régisseur de tout ce qu’on a fait ou vu faire. Le rôle de gardiens d’habitation ne se limite pas à protéger les champs contre les voleurs. Ils ont aussi à effectuer de multiples tâches comme l’émondage des arbres, l’arrachage des mauvaises herbes, l’étêtage du maïs un peu avant la récolte ou encore la fabrication de cordages en fibres d’aloès connus ici sous le nom de choca ou cadère. Lorsqu’il s’agit de femmes, on les affecte le plus souvent à des postes dans la cour ou à proximité de la maison des maîtres. La gardienne de l’hôpital, qui en est aussi l’infirmière, a également la charge d’occuper les malades et de surveiller leur ouvrage, dont la confection de sacs d’emballage en feuilles de vacoa.
Les coups de fouet, mentionnés par Charles Desbassayns dans ses Notes, font partie des sanctions applicables aux gardiens et aux commandeurs.

La grande masse des travailleurs : une spécialisation limitée et adaptée

Four d’une sucrerie. Dumas, Jean-Baptiste Louis. 1849.
Archives Départementales de La Réunion
Noir de pioche. Dumas, Jean-Baptiste Louis. 1849.
Archives Départementales de La Réunion
Négresse de pioche. Dumas, Jean-Baptiste Louis. 1849.
Archives Départementales de La Réunion

En 1845, ceux qu’on appelle Noirs ou Négresses de pioche représentent près de 48% des esclaves dont la fonction est signalée. Ils forment donc la catégorie de travailleurs de loin la plus nombreuse. Si l’on prend à la lettre le mot pioche et le considère comme désignant exclusivement les personnes affectées à la culture, il ne reste plus, pour faire fonctionner l’usine et assurer tout le service des transports, que les trois ouvriers et l’unique charretier mentionnés dans le Testament de Madame Desbassayns (1845), lequel fait état, par ailleurs, de 16 mulets et 39 bœufs de charroi avec leurs charrettes.
Outre le grand nombre de gardiens (12,5% du personnel servile), on note une forte représentation de la domesticité (10,5%) et de la catégorie des artisans maçons et charpentiers (8,5%).

Repasseuse ; négresse faisant la cuisine. Dumas, Jean-Baptiste Louis. 1849.
Archives Départementales de La Réunion

Pour ce qui est de l’effectif des ouvriers et charretiers, les chiffres anormalement bas montrent que la spécialisation ne concerne qu’une partie seulement des travailleurs. L’agriculture et l’industrie sucrière comportant des activités saisonnières, une gestion rationnelle de la main d’œuvre commande que celle-ci soit en partie polyvalente pour pouvoir passer rapidement, et avec la même efficacité, d’une culture à l’autre, des champs à l’usine, d’un emploi dans la production à des travaux d’entretien. Des directives de Charles Desbassayns vont dans ce sens, préconisant la formation des esclaves à l’exercice de plusieurs métiers. La masse des Noirs de pioche formait donc une catégorie beaucoup plus sociale que véritablement professionnelle, occupant le rang le plus bas de la communauté servile.

Des rapports sociaux fondés sur la méfiance et la crainte réciproques

Dans ses Notes, Charles Desbassayns considère que les Noirs ne travaillent bien que s’ils sont surveillés en permanence. Pour lui, la solution consiste à mettre en place une organisation rigoureuse basée sur une surveillance mutuelle constante, des contrôles fortuits et répétés, des sanctions variées allant du fouet à la prison en passant par le travail du dimanche et l’interdiction de sortir de l’habitation. Ne pouvant tout voir ni tout faire par lui-même, le régisseur doit « se créer des yeux partout, se donner des jambes, un esprit et une mémoire d’emprunt » pour que chacun se tienne constamment sur ses gardes.

Aucun oubli ni manquement au règlement ne doit être toléré par le régisseur. Charles Desbassayns apparaît ainsi comme un chef d’entreprise froid et méthodique, uniquement soucieux de tirer le meilleur parti d’une main d’œuvre soumise et totalement instrumentalisée.

Avec de telles pratiques l’atmosphère qui règne dans tout le domaine ne peut être que tendue et les rapports sociaux conflictuels parce que fondés sur la méfiance et la crainte réciproques. Cependant, il recommande aussi au régisseur de traiter avec ménagement les petits déserteurs de quelques jours à qui il faut redonner force et courage, au lieu d’avoir recours aux fers ou à un emprisonnement trop long. Il considère que des pratiques trop dures peuvent enclencher le cycle infernal des révoltes, des fuites et des sanctions de plus en plus sévères.

Une vie quotidienne règlementée
Des esclaves qu’on veut attacher à la terre de leurs maîtres

Site des environs de la Rivière d’Abord. Bory de Saint-Vincent. 1801.
Musée historique de Villèle

Il n’existe aucune description détaillée des logements des esclaves de Madame Desbassayns. Comme celles des travailleurs engagés qui les remplacent après 1848, leurs cases doivent être faites de matériaux collectés sur le domaine : troncs ou branches d’arbres divers, feuilles de vétiver, paille de canne à sucre et grandes herbes de la savane pour la toiture. Pour ce qui est de leurs habits, on sait seulement qu’ils sont vêtus « aussi bien que le rend nécessaire le doux climat de Bourbon ».

Les cases servent avant tout à abriter le sommeil des esclaves qui rentrent harassés des longues journées de labeur. Chaque matin, au son de la cloche, à l’exception des deux gardiens, ils quittent tous le camp et forment des bandes pour se rendre sur le lieu de leur travail. La discipline est quasi militaire, comme le décrit l’abbé Macquet. Les enfants sont confiés à une Négresse de cour qui, à la tête de sa bande joyeuse, doit balayer tout autour de la Maison et veiller à la propreté des environs de l’usine. Quant aux nourrices, elles sont employées comme mandares, occupées à la confection de sacs d’emballage.

Nénène assise dans l’herbe avec trois enfants. Patu de Rosemont, Jean-Joseph. 1818.
Archives Départementales de La Réunion

Plus personne n’a le droit de pénétrer dans le camp pendant la journée. Tout le monde doit attendre le retour des autres bandes pour regagner les cases, après que chaque gardien, surveillant ou commandeur aura fait le compte-rendu de sa journée au régisseur.

Les Notes de Charles Desbassayns précisent également que les repas des esclaves, petits et grands, se préparent collectivement, le midi et le soir, dans une cuisine à Noirs située dans la cour de la maison principale de l’habitation. Les rations des adultes sont apportées sur leur lieu de travail et remises aux responsables des bandes. « Le dimanche les Noirs les reçoivent en personne ».

Les esclaves n’ont que l’après-midi du dimanche pour se reposer. Toute la matinée, jusqu’à 13 heures, ils doivent effectuer les corvées qui consistent à tout nettoyer, à l’usine principalement, mais aussi les autres bâtiments d’exploitation. Pour Charles Desbassayns « cette journée de frotte et de nettoiement » contribue à entretenir chez eux l’intérêt, l’attachement et même la passion pour leur travail. Ce jour-là, si les pommes de terre ont été récoltées, ils ont la permission d’aller récupérer pour eux celles que l’on a oubliées, mais à la condition de s’y rendre en bande et de laisser le terrain propre après leur passage. Ce qui apparaît ainsi comme une faveur n’est en réalité qu’une façon de faire nettoyer les champs et de les préparer à être ensemencés.

Les termes que l’abbé Macquet utilise pour décrire la sortie des esclaves du camp, le matin, peuvent donner de ces derniers l’image d’un troupeau humain, divisé en bandes conduites tous les jours sur leur lieu de travail, sous la menace du commandeur. En fait, plus du tiers des occupants de ce camp de main-d’œuvre vivent en famille. Le Testament de Madame Desbassayns permet de dénombrer une cinquantaine de ces ménages qui comptent parfois plusieurs enfants dont le total représente plus de 25% de la population servile. Les hommes et les femmes de plus de 16 ans (69%) sont largement majoritaires, mais avec une bonne représentation des plus de 60 ans (9%). Si l’on compte aussi les 28 esclaves recensés comme maladifs, faibles ou infirmes, cela fait une proportion non négligeable d’improductifs totaux ou partiels pris en charge par l’habitation. De ce fait, chacun a une occupation adaptée à son âge ou à son état physique.

Les couples d’esclaves de l’habitation étaient unis religieusement et les enfants qui naissaient, recevaient le sacrement du baptême. Ces mariages sont devenus plus fréquents à partir de 1843, avec la mise en service de la Chapelle Pointue.

Décidés et organisés par Madame Desbassayns, ils sont l’occasion pour elle de d’attribuer officiellement aux esclaves des patronymes français. En cherchant à leur donner le sens et les valeurs de la famille, elle veut sans doute les attacher à l’habitation et aux maîtres. Dans une lettre adressée à son fils Charles le 4 octobre 1821, elle exprime sa crainte de les voir maltraités par des cadres blancs inexpérimentés. En cela, elle poursuit, de façon moins brutale, les mêmes objectifs que son fils Charles, à savoir la productivité et la rentabilité de l’exploitation, en y ajoutant un souci de pérennité pour son entreprise, à l’approche de l’abolition de l’esclavage.

Madame Desbassayns meurt en 1846, deux ans avant cet événement redouté par les maîtres. Son petit-fils et successeur, Frédéric de Villèle, semble partager ses préoccupations : dès le mois de novembre 1848, il affranchit six anciens esclaves de confiance de sa grand-mère, dont cinq commandeurs, pour en faire ses gardes champêtres particuliers. Par cette double promotion, il vise incontestablement à constituer un personnel d’encadrement sûr et compétent pour les futurs travailleurs libres, et à garantir une certaine continuité dans le fonctionnement et l’économie de l’habitation.

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Alexis MIRANVILLE

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