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« L’étrange histoire de Furcy Madeleine : 1786-1856 »
exposition au Musée de Villèle
11 décembre 2019 - 30 avril 2020

L’exposition, organisée par le Musée historique de Villèle, en partenariat avec les Archives départementales de La Réunion, est l’aboutissement des travaux de recherche menés par l’anthropologue et historien Gilles Gérard qui en a écrit le scénario.

 

 

Elle s’appuie également sur les travaux de Sue Peabody, historienne et universitaire américaine, auteure de Madeleine’s Children : Family, Freedom, Secrets, and Lies in France’s Indian Ocean Colonies et du chercheur Jérémy Boutier, auteur d’une thèse sur La question de l’assimilation politico-juridique de La Réunion à la métropole, 1815-1906 (Université d’Aix-Marseille) et de plusieurs articles sur Furcy.

 

 

 

Les enjeux de l’exposition

L’exposition a pour ambition, à partir des sources disponibles, de donner à connaître la vie de Furcy, dans sa dimension singulière, prodigieuse et complexe, quitte à rétablir des faits et à briser quelques a priori : il n’a pas été un militant abolitionniste, il possèdera lui aussi des esclaves et finira ses jours dans une relative opulence

Elle a aussi pour  objet de replacer l’étrange histoire de Furcy dans le contexte des sociétés coloniales de Bourbon et de Maurice et de mettre en lumière une représentation de Furcy, souvent déformée, dans la mémoire collective.

Le parcours de visite est rythmé par les différents événements de ce combat juridique de 27 années : abus de pouvoir, faux documents, pressions exercées sur Furcy et sur sa famille…

Des pièces d’archives pour chacune des quatre sections de l’exposition, sont mises en avant pour étayer le propos des historiens et des fiches de salle sont consultables pour approfondir des notions ou des faits.

Traité en parallèle, un second parcours intitulé Furcy aujourd’hui, un dispositif d’écrans diffuse des interviews des nombreux artistes qui se sont emparés ces dernières années de l’histoire de Furcy.

Les personnages créés par le dessinateur Sébastien Sailly sous forme de silhouettes, sont présents dans toutes les salles pour aider le visiteur à resituer tous les protagonistes du récit dont la trame se déroule entre l’Inde, Bourbon, Maurice et la France : Furcy dont aucune représentation n’est connue à ce jour, sa sœur Constance, Libre de couleur, sa mère Madeleine née à Chandernagor, Philippe Desbassayns de Richemont, fils d’Ombline Desbassayns, le procureur Boucher, Joseph Lory, maître de Furcy…

Des personnages, des lieux, des documents perdus et retrouvés, des documents maquillés : tous les éléments sont en place pour dévoiler au visiteur cette étrange histoire.

Furcy, des résonances contemporaines

A La Réunion, si l’histoire de Furcy nous est révélée par les travaux de l’historien Hubert Gerbeau en 1990, c’est cependant grâce à Sophie Bazin et Johary Ravaloson (alias Arius et Mary Batiskaf), et leur création Liberté Plastik en 1998 que Furcy est devenu un symbole de la lutte pour la liberté.

La publication du livre de Mohammed Aïssaoui, L’affaire de l’esclave Furcy, (Prix Renaudot 2010), est un autre élément à prendre en compte pour comprendre l’apparition dans les années 2000 du mouvement collectif Libèr nout’ Furcy, et l’émergence de diverses créations d’artistes d’ici et d’ailleurs : les pièces de théâtre d’Hassane Kouyaté, L’affaire de l’esclave Furcy, de Francky Lauret et Erick Isana, Fer6, l’ébauche d’un film d’animation de Laurent Médéa, la chanson L’or de Furcy du musicien Kaf Malbar, ou bien encore la sculpture de Marco Ah Kiem au Barachois à Saint-Denis.

 

Johary Ravaloson (écrivain)
Liberté Plastik

 

Francky Lauret (auteur) et Erick Isana (comédien)
Fer 6

 

Laurent Médéa (sociologue, producteur)
Ebauche du film d’animation « L’affaire de l’esclave FURCY »

 

Kaf Malbar (chanteur)
LorDeFurcy

 

Marco Ah-Kiem (sculpteur)
Furcy

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