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Esclavage et culture de la violence à Saint-Louis (1770-1848)

Un article rédigé par Dominique Houchard, paléographe.

L’esclavagisme de plantation est un phénomène total, d’abord parce qu’il frappe directement la majorité de la population, mais aussi parce qu’il conditionne le vécu de l’ensemble des acteurs. Les brutalités y sont acceptées, elles y sont même valorisées socialement et inscrites dans la loi, ce qui banalise le recours à des agressions. L’étude des archives de la région de Saint-Louis révèle des agressions et des violences politiques fréquentes et persistantes.

Différents acteurs exercent des actes de brutalité, soit pour renforcer leur domination, soit pour lutter contre une oppression. La traite des captifs constitue la violence primordiale. La capture, puis la déportation d’hommes et de femmes inaugure, légitime et renforce l’usage de la force au quotidien. Les actes de brutalités sont ensuite perpétués et remodelés par les nécessités du maintien de l’ordre dans la colonie.

L’histoire de vie de deux esclavisés malgaches, Diamfalam et Isaac, ainsi que le parcours de la famille Nairac, propriétaires du domaine de Maison-Rouge à Saint-Louis, illustrent les tragiques connexions entre les stratégies mises en place par des acteurs locaux et l’établissement d’un système mondialisé, colonialiste et esclavagiste.

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