Abolition de l’esclavage

Après l’abolition

L’engagisme Africain à La Réunion au XIXe siècle
Auteur
Virginie CHAILLOU-ATROUS

Historienne
LabEx EHNE / CRHIA / SLAFNET
Université de Nantes


L’engagisme Africain à La Réunion au XIXe siècle

L’abolition progressive de la traite et de l’esclavage dans les colonies européennes est à l’origine de nouvelles migrations de travailleurs à travers le monde, notamment dans la seconde moitié du XIXe siècle.

Pour satisfaire les besoins d’une économie de plantation souvent dévoreuse de main-d’œuvre ou pour bâtir les principales infrastructures de leurs colonies, les Européens font appel à une main-d’œuvre étrangère « libre » sous contrat d’engagement pour remplacer progressivement la main-d’œuvre servile appelée à disparaître. L’argument de l’incapacité des anciens esclaves à travailler sans contrainte est à nouveau utilisé pour justifier le recours à une politique étatique d’introduction de main-d’œuvre étrangère. Ainsi, des Javanais, des Tonkinois , des Africains mais surtout des Chinois et des Indiens quittent leur sol natal pour s’engager et venir travailler, en échange d’un salaire, dans les anciennes colonies d’Amérique et de l’océan Indien mais également dans les territoires nouvellement conquis par les puissances impériales en Afrique, en Asie et dans le Pacifique.

Les dispositions prises lors du Congrès de Vienne ainsi que l’abolition de l’esclavage prononcée en 1848 par l’Assemblée constituante de la seconde République pouvaient laisser à penser qu’une douloureuse page de l’histoire de France se tournait définitivement. Pourtant, dans la colonie française de La Réunion, le système de l’engagisme africain ne fait que prolonger les affres de la traite sous couvert d’un habile maquillage juridique et ce, pour les besoins de la culture de la canne à sucre et de l’industrie sucrière. En effet, le système de production qui avait depuis des siècles engendré la traite des esclaves reste dépendant d’un apport extérieur de main-d’œuvre qui produit les mêmes conséquences dramatiques. D’un côté, la traite des Noirs est condamnée depuis 1815 car jugée par les puissances comme contraire à la morale et à la dignité humaine, de l’autre, ce commerce d’humains continue d’apparaître comme l’unique moyen d’alimenter en main-d’œuvre les colonies. Bon nombre d’historiens ont déjà mis à jour « le décalage qui existait depuis l’adoption des formules de responsabilité civilisatrice (des nations européennes) entre la théorie et les faits » .

Avant même que le décret de l’abolition de l’esclavage ne soit promulgué, les planteurs de La Réunion font appel à des travailleurs engagés d’origine indienne. Mécontents de cette expérience – notamment en raison des entraves portées par les Britanniques – mais persuadés que l’immigration « libre » sera la planche de salut de l’économie sucrière, ils se tournent vers le continent africain et en particulier vers la côte orientale d’Afrique qui avait pendant longtemps fourni à la colonie les bras nécessaires à sa prospérité. Les planteurs de La Réunion connaissent bien la côte orientale d’Afrique dépendant de Zanzibar, et en particulier la région de Kilwa (Quiloa), pour y avoir procédé au XVIIIe siècle à d’importants achats d’esclaves.

Plan de l’isle et ville de Quiloa, tiré de l’Anglois. Schley, Jakob van der. vers 1750.
Musée historique de Villèle

Les demandes de travailleurs engagés provenant des mêmes origines que les esclaves constituent dans un premier temps une spécificité réunionnaise, les Antillais sont quant à eux beaucoup plus réticents. Dès 1842, le gouverneur de La Réunion donna au lieutenant de vaisseau Le Mauff de Kerdudal, commandant du brick Le Messager, la mission de se rendre à Quiloa et d’examiner les ressources que cette partie des Etats de l’Imam de Mascate pouvait offrir aux colons qui désireraient se procurer des travailleurs africains. Le commandant établit un rapport et explique que l’on peut se procurer uniquement des captifs en les achetant à des propriétaires arabes . Mais en 1844, le ministre de la Marine et des Colonies condamne fermement le rachat d’esclaves à la côte d’Afrique  et cette tentative avorte. De nombreux projets fusent pour la côte orientale et sont déboutés par les autorités métropolitaines, tout au moins officiellement. Les considérations d’ordre humanitaire mais surtout la crainte de se voir accuser de faire perdurer une forme de traite font que les autorités vont se montrer extrêmement prudentes. Elles craignent notamment des remontrances de la part des Britanniques auprès desquels la France s’était engagée à tout mettre en œuvre pour réprimer la traite et faire cesser l’esclavage. En effet, le 29 mai 1845, la France a signé avec l’Angleterre une convention par laquelle elle s’engageait à réprimer les opérations de traite sur la côte d’Afrique. Elle prévoyait un droit de visite conjoint des Britanniques et des Français et une surveillance commune du trafic. Cette convention était signée pour dix ans. Au regard de cet engagement, la France ne peut pas dignement autoriser le recrutement de captifs sur les côtes d’Afrique pour les besoins de son économie coloniale.

Après l’abolition de l’esclavage, et sous un régime nettement moins ouvert aux principes humanistes de 1848, le gouvernement montre cependant une évolution dans ses positions, positions qui deviendront très ambiguës vis-à-vis des propres lois anti-négrières de la France même si jusqu’en 1855 – la convention franco-britannique de 1845 étant toujours en vigueur – l’attitude du gouvernement en matière d’immigration africaine restera de toute prudence et de toute hypocrisie. Il s’agira en effet pour le jeune régime impérial de ne pas perdre la confiance des autorités de Londres. L’attitude du gouvernement se bornera donc à faire preuve de diplomatie en réitérant officiellement les interdictions et les restrictions en matière de recrutement par rachat. Ces précautions ne concernent que la théorie puisqu’en pratique, la France laissera libre cours aux opérations de recrutement des Réunionnais, fermant les yeux sur les conditions dans lesquelles se déroulent les opérations sur le terrain. En effet, la restriction de limiter le recrutement aux hommes libres de naissance ou libres depuis plusieurs années semble avoir échappé au gouvernement de La Réunion. Les ordres ont été éludés par les capitaines de navire qui « trompant la religion du gouverneur ont organisé un système d’enrôlement à la côte ouest de Madagascar d’esclaves de la côte orientale d’Afrique » . L’urgence pour les planteurs de La Réunion est de remédier à la perte de la force productrice de l’île et de sauver l’économie en péril, au risque d’une mauvaise interprétation des directives gouvernementales.

Le Canal de Mozambique, l’Isle de Madagascar, les Etats du Monomotapa et les Royaumes Voisins. Bonne ; André. 1788.
Musée historique de Villèle

Ainsi, par le biais de l’engagisme africain, près de 34 000  captifs originaires de la côte orientale d’Afrique ont été transférés à La Réunion de la veille de l’abolition de l’esclavage à 1859 pour les besoins d’une économie sucrière toujours plus ambitieuse. Razziés dans les villages, livrés sur les côtes africaines par des chefs arabes à des négociants français, les Africains dits «engagés » ne sont ni plus ni moins que des objets de négoce dont la vie n’a que peu de valeur , si ce n’est une réelle valeur marchande. Les opérations de recrutement se font à la hâte, sans ordre et souvent dans l’illégalité la plus totale. L’engagisme africain vient réalimenter des circuits et des trafics existants, l’engagé africain recruté pour La Réunion n’étant ni plus, ni moins qu’un esclave enrôlé, dont l’origine n’est pas celle affichée par les recruteurs. Un trafic en amont de la filière ainsi que l’inexistence des contrôles des autorités, voire la complicité des autorités, permettent de maquiller le caractère frauduleux et amoral des opérations. Ainsi, les Africains recrutés sur les côtes malgaches ou comoriennes sont majoritairement des esclaves originaires du Mozambique, de Zanzibar ou de la région d’influence du Sultan de Mascate . Les possessions françaises de Madagascar et des Comores sont à la fois réceptrices et émettrices de main-d’œuvre, ce sont d’ailleurs souvent les mêmes individus qui ne font que transiter. Les îles françaises de Mayotte mais aussi Nossi-bé deviennent ainsi des lieux de transit, d’échanges et de trafic de chair humaine. Les opérations et les contrats y sont régularisés et maquillés en toute sérénité. Le contrat auquel ils sont attachés ne représente en rien un « accord librement consenti entre les deux parties » et les agents d’immigration sont plus enclins à travestir la vérité qu’à surveiller la légalité des opérations. D’ailleurs, aucun accord franco-portugais autorisant les ressortissants mozambicains à partir pour La Réunion n’est signé pendant cette période. Les abus, les mauvais traitements et la mortalité à bord des navires font que le recrutement et le transport des immigrants africains s’assimilent plus à des opérations de traite qu’au coolie trade indien. Le gouvernement français et les autorités locales ferment les yeux sur ce trafic pourtant connu et se contentent de prodiguer des recommandations illusoires et hypocrites. Les seules tentatives de protestation face à ce commerce odieux émanent des puissances étrangères qui, sous des allures faussement philanthropiques, défendent en réalité leurs propres intérêts commerciaux et politiques. Pire encore, il semble que les entraves au recrutement français en Afrique au nom de la moralité ainsi que l’absence de cadre précis de la part du gouvernement français, ne font qu’accentuer le caractère délictueux et barbare des opérations. Les recruteurs – pressés par les planteurs réunionnais et avides de profit – bravent tous les interdits pour se procurer des engagés en nombre. Ils enrôlent à la hâte, sans ordre, et dans les pires conditions possibles, cette marchandise humaine si précieuse. Les interdictions et les entraves rendent les recrues encore plus rares et comme dans tout commerce illicite, la spéculation est d’autant plus forte. Face aux difficultés de recrutement et sous la pression des planteurs des Antilles et de La Réunion, l’Empereur Napoléon III autorise en octobre 1856 le « rachat préalable » d’esclaves sur tous les points des côtes africaines. Il s’agit de permettre officiellement ce qui se déroule déjà au grand jour depuis plusieurs années et à mettre ainsi fin à une équivoque en facilitant l’exécution. Aucune publication officielle n’est faite pour cette décision que l’on sait facilement condamnable. Le ministre de la Marine et des Colonies, Hamelin, fait même pression sur les gouverneurs des Antilles et de La Réunion pour réprimer les écarts de la presse locale et faire en sorte qu’elle ne s’étende pas trop sur les sujets ayant attrait à l’immigration .

Travailleurs libres aux iles Mascareignes, détail. Bos, G.. 2e moitié 19e siècle.
Musée historique de Villèle
Travailleurs libres aux iles Mascareignes, détail. Bos, G.. 2e moitié 19e siècle.
Musée historique de Villèle

Les nombreux scandales meurtriers font que le gouvernement ne peut plus masquer les vices profonds de ce système : recruter dans des zones où l’esclavage n’est pas prohibé et autoriser le rachat de captifs en permettant la réalisation de gros bénéfices équivalaient à « cautionner » une nouvelle forme de traite. Le système de l’engagisme africain ainsi révélé tombe sur le principe même de son essence et sous les injures des autorités britanniques qui ne cesseront d’accuser la France de faire perdurer la traite. L’engagé africain, racheté puis affranchi pour la forme, ne bénéficie d’aucun égard et d’aucune assistance une fois dans la colonie. Son statut originel d’esclave dans son pays et l’absence de protection de la part d’une puissance étrangère émettrice le distingue de fait de son homologue indien. Soumis à une législation coloniale commune aux engagés de la colonie, il est pourtant victime d’une discrimination plus grande et d’un asservissement de plus longue durée .

Travailleurs libres aux iles Mascareignes, détail. Bos, G.. 2e moitié 19e siècle.
Musée historique de Villèle

Abandonné en 1859 au profit d’un système moins critiquable mais encore plus sous contrôle Britannique, l’engagisme africain à La Réunion sert de monnaie d’échange pour obtenir des Indiens en masse et la mise en place d’une convention franco-britannique en 1860. Ainsi, la France préfère substituer « le recrutement des Indiens qui sont libres et auxquels ne peut s’appliquer le soupçon de la traite à celui des noirs (sic) africains que la grossièreté de leur état social et leur condition notoire de minorité peut faire plus facilement considérer par les philanthropes anglais comme dupes de manœuvres équivalent à une traite véritable » . Pourtant, pendant les deux décennies qui suivent, les colons réunionnais réclament sans relâche la réouverture de ce courant d’immigration, préférant de loin les qualités du travailleur africain à celles de son homologue indien. Ces planteurs basent leur requête sur un paradoxe criant : la reprise de ces opérations au nom de l’humanité et dans l’intérêt même des Africains.

Travailleurs libres aux iles Mascareignes, détail. Bos, G.. 2e moitié 19e siècle.
Musée historique de Villèle

A la fin du siècle, la dénonciation de la convention franco-britannique par le gouvernement anglais en 1881 compromet définitivement le recrutement de travailleurs d’origine indienne et plonge à nouveau les planteurs dans une situation délicate. Désemparés, les planteurs réunionnais relancent l’idée, jamais totalement abandonnée, d’une reprise officielle de l’immigration africaine. L’abolition de l’esclavage dans les colonies portugaises en 1869 et la fermeture du marché aux esclaves de Zanzibar en 1873 induisent inévitablement de nouvelles formes de recrutement et la reprise de l’immigration africaine est subordonnée à la mise en place d’un accord franco-portugais signé en 1887. Limitée à quelques ports du Mozambique, la reprise de l’immigration africaine se base sur le recrutement de volontaires libres en quête d’un peu d’argent. Sans faire disparaître totalement les abus du système en lui-même, la nouvelle législation et le contrôle des autorités portugaises légalisent une immigration qui jusqu’alors n’avait été qu’une traite déguisée. De condition libre, ces engagés ne s’implantent pas dans la colonie, et demandent massivement leur rapatriement. Leur faible nombre vient rompre avec un système d’immigration de masse et semble les assimiler progressivement à de simples travailleurs immigrés. Ils ne seront pas plus de 3000 à venir à La Réunion de 1887 à la veille de la première guerre mondiale. Si tous les espoirs des planteurs se fondent en 1887 sur la reprise de l’immigration africaine, ce système de travail libre se révèlera insuffisant pour combler les besoins de main-d’œuvre et sera progressivement abandonné au début du XXe siècle.

Travailleurs libres aux iles Mascareignes, détail. Bos, G.. 2e moitié 19e siècle.
Musée historique de Villèle

L’engagisme africain a prolongé, ravivé, maintenu une forme de domination qui n’est pas sans conséquence. Les stéréotypes et l’assimilation à l’esclave – c’est-à-dire au statut de non libre – ont un rôle fondamental dans le processus de construction des préjugés. Le statut de l’engagé africain lié à une législation coloniale d’exception et à son origine influe sur son insertion sociale. La frontière entre engagé et esclave est d’autant plus perméable et fluctuante pour l’engagé d’origine africaine que la mémoire continue de l’assimiler à un esclave à part entière.

A l’heure actuelle, les descendants d’engagés africains ne forment pas un groupe social à part entière comme c’est le cas, par exemple, pour les descendants d’engagés indiens ou « Malbars ». Ils se fondent au contraire dans la masse des autres Réunionnais d’origine africaine, descendants d’esclaves ou nouveaux immigrés. Ils sont communément désignés sous l’appellation de « Cafre » ou « Kaf », terme englobant l’ensemble des Réunionnais d’origine africaine et plus largement tous ceux qui présentent le type physique « Cafre ». De plus, leur histoire est encore méconnue des Réunionnais, voire même niée au sens où la grande majorité de la population de l’île pense que le « Cafre » ne peut être qu’un descendant d’esclave, réservant majoritairement le terme « d’engagés » aux travailleurs d’origine asiatique. L’histoire des engagés africains à La Réunion est vouée à être une « histoire du silence »  pour reprendre l’expression de l’historien Hubert Gerbeau. Il est donc important de redonner un passé qui leur est propre à ces descendants d’engagés africains, une histoire distincte (même si elle en porte les stigmates) de la traite et de l’esclavage et intégrée – avec ses singularités – à l’histoire globale de l’engagisme.

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Notes
1 JOUBERT L., Le fait colonial et ses prolongements in Le Monde non Chrétien, 15, 1950, p. 265
2 ANOM, FM Gen, C 126 D 1096, Notes sur l’immigration africaine dans les colonies anglaises et françaises par le directeur des colonies, Paris, le 9 janvier 1850.
3 Ibidem.
4 RENAULT François, Libération d’esclaves et nouvelles servitudes, Nouvelles éditions africaines, 1976, p. 42.
5 Ce chiffre correspond à ceux débarqués dans la colonie de La Réunion et non au chiffre réel d’Africains razziés et embarqués par les recruteurs. On peut considérer, compte-tenu du pourcentage de perte effrayant, que ce chiffre correspond seulement aux trois quarts des Africains effectivement enrôlés.
6 AMAE, Archives rapatriées de Lisbonne, série A, C37, Lettre de Sa Da Bandeira adressée au gouverneur de La Réunion, le 5 Mai 1857
7 Archives de l’Evêché, île de La Réunion, Saint-Denis, le 21 octobre 1858
8 François Renault, Libération d’esclaves et nouvelles servitudes, op.cit., p.48 et 57.
9 En 1858, un arrêté du gouverneur Darricau fixe le maximum de la durée de l’engagement des Africains à dix années, soit un engagement deux fois à trois fois plus long que le travailleur indien, ADR, 8 K 44, arrêté du 10 mai 1858.
10 CAOM, FM Généralités, C 118 D 1030, Extrait du Moniteur de la Martinique, Journal officiel de la colonie, 9 janvier 1859.
11 Gerbeau Hubert, Les esclaves noirs : pour une histoire du silence, Les Indes Savantes, Paris, 2013.
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Virginie CHAILLOU-ATROUS

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