L’esclavage

Condition et vie quotidienne de l'esclave

Les Libres de couleur à Bourbon
Auteur
Philippe BESSIERE

Historien


Les Libres de couleur à Bourbon

« L’oubli par aliénation, ignorance ou jactance
n’est-il pas porteur de féroces traces irrésolues ? »
(Edouard Glissant : « Tous les jours de mai », 2008)

L’histoire du groupe dit « Libres de couleur » est celle d’une longue catégorisation. Statutairement, selon le maquis des lois coloniales et autres règlements, il est constitué successivement :
– des engagés contractuels
– des Libres de naissances
– des affranchis de Blancs ou de Libres de couleur
– enfin le 20 décembre 1848, la couleur est censée disparaître et il n’y aurait plus alors que des « frères » français et des étrangers.
À l’évidence cette histoire juridique ne dit pas la vérité sur la couleur et sur la liberté.

Le droit et la couleur en complet décalage : pourquoi ?

Parce qu’à trois mois minimum de navigation et vu la faible proportion de sujets des rois Bourbon dans la population, Versailles faisait certes les lois mais n’était pas en mesure de les faire appliquer. D’où rapidement la création créole d’une coutume plus ou moins codée. Ainsi les missionnaires lazaristes avaient leur Coutumier . Les militaires avaient leurs dérogations comme en témoigne le passage en revue de la milice « blanche » par un officier fraîchement débarqué : « Dans le nombre des officiers et fusiliers, la quantité de ceux qui sont entachés de couleur est si considérable qu’il n’y a pas moyen de faire un triage sans occasionner le plus grand schisme et le plus grand malheur dans cette colonie ». Le recours aux notaires était très fréquent même chez les plus humbles. Ainsi, Claude Wanquet peut écrire : « Bref, l’île a été envahie par la procédure. (…) Dans un tel climat, les hommes de loi ont proliféré à l’envie. Le nombre des notaires a été multiplié à un point indécent  ».
Et surtout les Bourbonnais s’arrogèrent le droit de dire les couleurs ; un droit dans le droit en quelque sorte. Il est significatif que l’article V du Code noir de 1723 qui prévoyait que les enfants issus d’un « concubinage avec des esclaves (…) soient adjugés à l’hôpital des lieux, sans pouvoir jamais être affranchis » -article qui n’existait pas dans la version de 1685-, n’a pas été appliqué. De même l’article LI qui interdisait les donations des Blancs en faveur des Libres.

Dans cette société du regard  se constitua un code de l’honneur. La hiérarchie des couleurs n’était pas contestée en tant que telle mais son application était gérée par les Créoles . Les exemples les plus significatifs :
– le cas des soeurs Ranga, trois soeurs, trois couleurs : Catherine est « noire » car esclavisée, Anne est « Libre de couleur » et Marie est « blanche » car mariée avec un sieur Maillot .
– Le cas du mot « créole » dans le recensement de Denis Decottes à Sainte-Marie pour 1780. Ce même mot recouvre trois conditions : Blanc, Libre (« fille naturelle affranchie ») et esclave .
– La célèbre réception de Bory de Saint-Vincent chez Kerautray en 1801 à Saint-Joseph maintes fois narrée :

Pour son expédition au volcan, Bory de Saint-Vincent est accompagné d’un porteur nommé Cochinard. À la recherche de vivres pour la nuit, un des noirs de la suite recommande un ‘Blanc hospitalier’ nommé Kerautray. Il s’adresse alors à un ‘Mulâtre’ pour lui demander s’il connait ce monsieur. « Mais c’est moi ! » S’entend-il répondre. Et de les inviter dans sa demeure. « En arrivant, M. Kerautrai dit à sa femme, qui se leva dès que nous entrâmes : Tiens, mon amie, voilà des blancs qui passent, fais-les rafraîchir, et donne à dîner. Aussitôt on nous porta de l’arack. M. Kerautrai fut très sensible à l’attention que nous eûmes de trinquer avec lui et de boire à sa santé. Il me tira après cela par la manche, me mena dehors comme s’il s’agissait d’un grand secret, et, en me montrant Cochinard, il me demanda s’il était blanc, s’il était libre, ou s’il était noir ? Quoique Cochinard ne fût que libre, et que sa couleur fût beaucoup plus que foncée, je répondis, sans hésiter, qu’il était blanc. Mets quatre assiettes, cria Kerautrai à sa femme. Il fit ensuite décharger nos noirs, et les envoya manger avec ses quatre esclaves dans une hutte établie à vingt pas de sa case » .

– Et enfin ce récit de voyage dans les années 1840 : « Lorsqu’on observe avec quelque attention la population esclave de Bourbon, on reconnaît avec surprise qu’elle ne se compose pas seulement de nègres, mais encore de Malais, de Bengalis, de Malabars et même de blancs » .
S’installe donc un déni dans le déni. Le premier déni, le plus grave est celui du déni d’humanité des esclavisés que l’on « traite » et que l’on appelle « pièces d’Inde ». Le deuxième déni est celui de la couleur pour échapper à la réification. La langue créole hésite à employer le mot « ras » et lui substitue plus souvent celui de « nasyon ». Mais si l’on ne nomme pas la couleur, il est difficile de combattre le racisme. S’ancre profondément une mémoire traumatique figée. « Mwin pa blan / Non mwin pa nwar / Tarz pa mwin si mon listwar » . Dans cette société clivée, le Créole est passé maître dans l’art de regarder et d’identifier. Mais qui dissimule et qui commande ? On comprend maintenant pourquoi une catégorie sociale somme toute de peu d’importance aux plans démographique, économique et politique nous interroge si fortement aujourd’hui. L’histoire généalogique du peuplement reste à faire pour que les familles se réapproprient leur histoire. Car dans le monde dantesque de l’esclavage on trouve des trésors d’humanité que nous n’avons pas le droit de laisser dans la honte.

La politique de la couleur

La seule différence entre les Codes noirs de 1685 pour les Antilles et celui de 1723 pour les Mascareignes réside dans la volonté de limiter au maximum la catégorie juridique des Libres de couleur. Le pouvoir esclavagiste avait pressenti que ce groupe pouvait devenir dangereux pour l’ordre public. Et de fait, Toussaint Louverture, Delgrès, Bissette et Houat appartiendront à cette classe. D’une façon générale, les gouverneurs de la période royale (et particulièrement Bellecombe) étaient très parcimonieux dans l’octroi des affranchissements qui ne pouvaient se faire qu’avec leur autorisation.

Mairie de Saint-Benoît – Déclaration en demande d’affranchissement. 11 mars 1837. Manuscrit.
Coll. Archives départementales de La Réunion

Desforges Boucher est un cas à part : il a débuté ici comme garde magasin et, devenu gouverneur, il fait construire un château au Gol et affranchit douze de ses esclavisés dont un maître d’hôtel.
C’est ainsi qu’à la fin de la période royale le poids des Libres de couleur parmi l’ensemble des gens libres était très faible comparé aux autres colonies françaises, soit 11% du total des libres à Bourbon contre 43% à Saint-Domingue.
Durant la période révolutionnaire, l’Assemblée coloniale utilisa les Libres de couleur contre la menace abolitionniste.

Scène humoristique à la Réunion : La Milice créole. Antoine Emile Grimaud (1821 – 1855).
c.1845. Peinture, huile sur toile.
Coll. Musée du Quai Branly – Jacques Chirac

Les Anglais usèrent des affranchissements pour constituer un Régiment de Bourbon. Selon Danielle Miloche-Baty, ils s’élèveraient à 653 ce qui est un nombre voisin de celui des soldats mobilisés dans ce régiment (685 au total dont 28 officiers et 89 sous-officiers) . Ils le firent défiler à Port-Louis le 4 octobre 1812, provoquant un « tumulte » chez les colons mauriciens  .
La Restauration stoppa quasiment les affranchissements.
La Monarchie de Juillet tenta de régulariser les situations les plus choquantes, telles celles des enfants naturels, des « libres de savane » ou encore des rachats grâce à un pécule. L’ordonnance royale du 12/07/1832 octroie un patronyme à l’affranchi qui est alors déclaré à l’État Civil comme « né ». Les registres sont communs aux Bancs et Libres. Louis-Philippe veut normaliser les relations sociales et, de façon plus affirmée après 1840, préparer l’abolition générale.

Le Citoyen, prononcez cito-ïen. 1865. Hippolyte Charles Napoléon Mortier de Trévise. 1865. Aquarelle.
Coll. Archives départementales de La Réunion

L’affranchissement général de 1848 se passe de façon très différente en Martinique et à La Réunion. En Martinique les Libres de couleur sont très influents. Si Bissette a été évincé malgré sa légitimité d’abolitionniste, Perrinon (« homme de couleur») est nommé commissaire de la République. Lors de la séance du Conseil Privé du 15 juin 1848, il déclare : « On a voulu que le nouveau libre put entrer dans la société dans les mêmes conditions apparentes que les plus anciens citoyens (…). Les noms ne seront donc donnés qu’avec l’assentiment de chacun et par les soins d’employés ou d’agents spécialement délégués dans l’étendue de la colonie » . À La Réunion personne ne se rend dans les plantations pour tenir des registres. On ne demande pas, selon les voeux de Perrinon, aux esclaves de se choisir un nom. On ne prend pas le temps pour établir les registres quitte à voter avant l’établissement du nom. Ici les commissions sont présidées par les gros propriétaires blancs et elles travaillent vite. Quant aux propriétaires qui voulaient marquer leur emprise sur « leurs » affranchis, ils avaient devancé le 20 décembre.
Le pouvoir de nomination fait partie de la politique de la couleur. « D’une certaine façon, on peut dire qu’avec son nom l’individu porte sa propre histoire et celle dont il est issu » . Ce pouvoir fut exercé par le maître qui affranchit et marque la proximité avec lui ou avec l’univers de la plantation. Puis l’officier d’état civil intervient de façon plus ou moins arbitraire, disputant alors ce pouvoir avec les propriétaires. Nommé de cette façon, on reste l’affranchi de Monsieur ou de Madame, ou encore de Sarda.

Testament de Pierre Méry Mercier. 12 décembre 1843. Manuscrit.
Coll. Archives départementales de La Réunion

Jusqu’en 1832, l’affranchi conserve son prénom de baptême s’il en a reçu un, il n’a pas droit à un patronyme. Mais il va chercher à s’en construire un. Les recensements de l’Ancien Régime sont instructifs à ce sujet. Ils sont rédigés par les habitants eux-mêmes ou leurs porte-plumes et sont signés par les commandants de quartiers. Plusieurs stratégies sont mises en œuvre pour « gagner le nom ». On peut se baser sur sa propriété et son environnement immédiat (portail, pont, ravine, bois…) pour en faire un attribut identitaire. Mais le plus souvent on s’étaye sur la famille. Le prénom du père est revendiqué comme deuxième nom, celui de la mère également surtout quand elle est responsable de l’affranchissement. Il est difficile d’échapper à la préposition « de » qui est le contraire d’une particule puisqu’elle indique celui ou celle à qui vous devez votre nom.

Album de la Réunion : Lislet Geoffroy. Né à l’Ile Bourbon [Saint-Pierre] le 13 avril 1755 et décédé à l’Ile Maurice [Port-Louis] le 9 février 1836. Capitaine adjoint au Génie militaire et civile, Membre correspondant de l’Académie des Sciences et de l’Institut Royale de France. Louis Antoine Roussin. 1881. Lithographie.
Coll. Musée Léon Dierx
Il y a cependant le cas exceptionnel de Lislet Geoffroy qui a pu porter le nom de son père. Ce dernier avait quitté l’île de France pour s’installer à Saint-Pierre, très certainement parce que la police raciale y était plus clémente. Il vivait avec sa princesse-esclave Niama arrachée au Galam. Pour que leur fils naisse libre, Jean-Baptiste Geoffroy affranchit la mère . Il veillera à l’instruction de son fils qu’il dénomme d’ailleurs Jean-Baptiste comme lui. Lorsque les lois de la Révolution le lui permette, il adopte « Jean Baptiste Lislet né le 23 août 1755, fils de Marie Geneviève Niaman » . Si son influence dans l’île Bourbon du XIXe siècle fut limitée, son héritage est une source de fierté aujourd’hui pour les Réunionnais.

L’héritage

« Le 23 août 1786, pour ses trente et un ans, il est élu membre correspondant de l’Académie des Sciences de Paris. C’est le premier homme de couleur à recevoir cet honneur. Son parrain est le Duc de La Rochefoucauld-Liancourt, cousin du Roi. L’Académie des Sciences reconnaît sa valeur scientifique, certes, mais elle marque surtout par cette distinction, sa foi dans les valeurs nouvelles véhiculées par l’Encyclopédie. C’est le début du combat pour les Droits de l’Homme et du Citoyen, et pour l’abolition de l’esclavage. Lislet est un symbole pour les milieux intellectuels progressistes à trois ans du début de la Révolution Française La connaissance des côtes et des routes maritimes était d’une très grande importance stratégique et économique. Toute sa vie Lislet travailla à dresser des cartes de plus en plus précises, poursuivant et complétant les travaux de Rochon et de l’Abbé de Lacaille en particulier. On lui doit en grande partie les formes définitives des Mascareignes et l’expédition à la Baie de Sainte Luce marque véritablement le début de la carrière d’ingénieur géographe et de cartographe de Jean-Baptiste Lislet : 1793, carte des Seychelles ; 1797, carte des îles Bourbon et de France ; 1814, carte du nord-est de Madagascar (publiée à Londres) ; 1819, carte générale de la Grande Ile » .

Les Libres de couleur ont beaucoup moins marqué la toponymie que les marrons ou encore la nomenclature urbaine dominée par les Blancs, à la mesure de leurs empreintes historiques. Un des plus riches d’entre eux a découvert une source au Tampon qui porte son nom. Reihlac possédait 84 esclaves en 1848 à Saint-Pierre. De la famille Lacaussade, riche également, on préfère retenir Auguste qui nous a laissé ces quelques vers avant de partir :
Ô dure servitude ! Ô sort ! Ô lois cruelles !
Au joug de l’homme ainsi l’homme se voit plier
Ah ! Loin de ces tableaux navrants ouvrons nos ailes !
Fuyons, doux bengali ! Fuyons pour oublier
(« Les travailleurs », in Poèmes et paysages)
Quant à Célimène, la « Muse de Trois Bassins » comment peut-elle être exemplaire après avoir dit que « le cheval anoblit la mûle » ?

Célimène, la Muse des Trois Bassins. Francine. 1881. Lithographie.
Coll. Musée historique de Villèle

Faut-il pour autant en déduire que personne parmi ces « Libres » n’a combattu la politique de la couleur ? Ce serait une grande injustice de le prétendre. Tout d’abord, ces personnes ont été de loin les plus actives pour affranchir les esclaves : Les hommes Libres de couleur le sont quatre fois plus que les hommes Blancs, et les femmes Libres de couleur quinze fois plus que les femmes blanches  !
La réalité est que les Autorité coloniales ont mis en place une police de la couleur impitoyable. Ainsi, depuis Mahé de La Bourdonnais un Libre qui capture ou qui tue un Marron reçoit un esclave en récompense ; un esclave qui dénonce un complot (imaginaire ou non) devient Libre… Et tout à l’avenant. Les premiers qui relèvent la tête dans cette ambiance de terreur ont été victimes d’une répression impitoyable. Pendant les troubles de la Révolution française Jean-Jacques Ramalinga et Guillou Dubertin ont été bannis, le premier sans autre forme de procès, le second sans charges prouvées contre lui.
Puis il y eut le cas de Furcy. Fort de son bon droit qui ne devait pas le maintenir esclave de Lory, et avec le soutien de Sully Brunet, il instruisit un procès contre son maître qui dura de 1817 à 1843. Il y eut encore deux autres procès à Bourbon en 1845. Ce qui est révélateur c’est que Lory prit peur malgré le soutien qu’il reçut du clan Desbassayns qui gouvernait de facto l’île à cette époque. Il préféra envoyer Furcy à Maurice pour que ce dernier ne devienne pas un exemple pour les autres, un leader capable de faire bouger les choses. Libre de fait dans l’île sœur, Furcy exerça son métier de confiseur, put correspondre et payer les frais de justice nécessaires.
L’histoire de Timagène Houat est encore plus instructive. Elle est restée occultée pendant un siècle avant que ne soit réédité à La Réunion son livre, Les marrons, premier roman réunionnais, d’abord publié à Paris. Mais il y a davantage que de la littérature avec ce personnage car il est le premier véritable abolitionniste de La Réunion. Voici donc son histoire, de celle que l’on aime raconter et qui nous redonne de l’espoir pour notre île . Né dans le Bas de la Rivière Saint-Denis le 12 août 1809, Timagène a gardé son nom africain. Son père venant de Port-Louis est employé aux Ponts et Chaussées. Dès l’âge de 18 ans, Timagène veut ouvrir une école dans son quartier de la Rivière mais essuie un refus du directeur de l’Intérieur. « En 1830, dans une maison sise à l’angle des rues des Limites et du Grand Chemin, Louis-Timagène Houat tient école gratuitement pour tous les jeunes gens de son entourage et initie à la musique (guitare ou violon) ceux qui en sont doués » . Avec Charles de Sigoyer il pose sa candidature en 1834 pour être délégué de Bourbon en France. En septembre 1835 il veut organiser une manifestation dans la capitale avec pour objet de demander l’abolition de l’esclavage au gouverneur : « Nous imposerons notre volonté par le nombre et je n’entends pas qu’il y ait crime sur les Blancs ». Dénoncée, cette manifestation ne put pas se tenir. Au lieu de quoi s’organisa un procès contre un soi-disant complot. Le crime de Houat : correspondre avec Cyrille Bissette, recevoir son journal et le lire autour de lui à des esclaves. Le 10 septembre 1835, Timagène est mis au secret et condamné le 3 août 1836 avec trois autres à la déportation. Trois autres Libres sont condamnés à cinq ans de prison. Quatre esclaves sont condamnés à la perpétuité et expulsés à l’île Sainte-Marie. Malgré la grâce accordée le 18 juin 1837 par le roi Louis-Philippe, le jugement est exécuté et Timagène se retrouve à Paris. La Cour de cassation va cependant le laver de cette condamnation.

Le travail généalogique révélant les histoires familiales montre que les familles des « 1848 » n’ont cessé d’être humiliées et écrasées dans leur progression. Elles ont été privées de leur histoire, elles doivent pouvoir la reconstituer. Mais il leur faut aussi comprendre que ce n’est pas en niant son ascendance et en se victimisant devant le maître ou le maître du maître qu’elles retrouveront leur honneur. Leurs ancêtres n’étaient pas des esclaves mais des hommes et des femmes, tout simplement. Il faut leur rendre leur dignité partout où on le peut. La question des patronymes, et celle des nominations dans les espaces et les institutions publiques a donc toute son importance. Le département et ses musées ne peuvent esquiver cette interpellation : quel nom donner au seul musée de l’esclavage de l’île ?

Notes
[1] « Directoire des paroisses de l’isle de Bourbon pour l’isle de France » par Pierre-Joseph TESTE préfet apostolique, du 1er octobre 1763, 30 p. dactylographiées conservées aux archives des lazaristes à Paris.

[2] A.D.R. : L93, n° 10, lettre du lieutenant général au capitaine général, à Saint-Denis du 30/03/1788, citée dans mon Mémoire en annexe XVI.

[3] Claude WANQUET, Histoire d’une révolution. La Réunion (1789-1803), tome I, Marseille, Jeanne Laffitte, 1980, p. 127.

[4] Rose-May NICOLE, Noirs, cafres et créoles : Études de la représentation du non blanc réunionnais : documents et littératures réunionnaises (1710-1980), Paris, L’Harmattan, 2000, 336 p.

[5] Créole avec majuscule évoque des hommes, avec une minuscule une langue.

[6] Mon mémoire de 1996, p. 46. Selon la terminologie de l’époque, la dénomination de « sieur » est réservée aux Blancs. Anne affranchira Catherine en 1768 : A.D.R. : AJ 25, n° 9.

[7] Mon mémoire de 1996, p. 58. Il n’est pas précisé « sieur » ou « nommé » et Denis Decottes est qualifié d’ « habitant ».

[8] Bory de Saint-Vincent, Voyage dans les quatre principales îles des mers d’Afrique, vol 3, chapitre XVI : Depuis le Rempart de Tremblet jusqu’au Brûlé de la Basse-Vallée, Paris, Buisson, 1804, pp. 297-316.

[9] Bory de Saint-Vincent, Voyage dans les quatre principales îles des mers d’Afrique, vol 3, chapitre XVI : Depuis le Rempart de Tremblet jusqu’au Brûlé de la Basse-Vallée, Paris, Buisson, 1804, pp. 310-311.

[10] Yvan MELCHIOR-HONORÉ, La Chine et la presqu’île malaise, relation d’un voyage accompli en 1843, 1844, 1845 et 1846, Paris, Boulé, 1850, 158 p.

[11] www.paroles-musique.com : Danyèl Waro / Batarsité. Site consulté le 08/09/2019.

[12] Danielle MILOCHE-BATY, « De la liberté légale et illégale des esclaves à Bourbon au XIXesiècle ou le problème des affranchissements et le phénomène du marronnage dans la société réunionnaise », Aix-en-Provence, mai 1984, p. 206.

[13] Archives Mauriciennes de Coromandel : HA 61.

[14] Guillaume DURAND, Les noms de famille de la population martiniquaise d’ascendance servile. Origine et signification des patronymes portés par les affranchis avant 1848 et par les ‘nouveaux libres’ après 1848 en Martinique, Préface de Patrick CHAMOISEAU, Paris, L’Harmattan, 2011, pp. 190-191.

[15] Geneviève PAYET, « Nom et filiation à La Réunion : de l’histoire à la clinique », Cliniques méditerranéennes, 2001/1 (n° 63), pp. 179-192.

[16] Je suis le récit de Shenaz PATEL qui a travaillé en résidence aux Archives Départementales de la Réunion. Mais il y a encore une recherche à faire sur cette famille car Niama a eu plusieurs enfants. D’autre part certains font un lien avec la famille Houat qui résidait à la même époque à l’île de France.

[17] A.D.R. : 3E 1549, du 20 juin 1794.

[18] http://aphgreunion.free.fr/Lislet_Geoffroy.html consulté le 12/10/2019, article de Christian Landry

[19] Voir mon Mémoire de 1996, p. 36.

[20] Lire les pages 334 à 342 du livre de Prosper EVE, Le corps des esclaves de l’île Bourbon. Histoire d’une reconquête, Paris-Sorbonne, PUPS, 2013.

[21] Prosper EVE.

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Philippe BESSIERE

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